(les hommes passent…) La terre demeure!

Alors qu’Ish est en expédition, un serpent le mort, le faisant sombrer dans une courte période de délire. Au même moment, à travers le monde, la population est décimée par une mystérieuse épidémie. Sorti la même année que 1984 de George Orwell, La terre demeure de George R. Stewart est un roman qui tend vers le post-apocalyptique. L’auteur y explore la survie de gens.

Sorti en 1949 pour la première fois, La terre demeure a été ré-édité par les éditions Fage pour la rentrée littéraire 2020.

J’ai toujours aimé les livres où ca parle de survie suite à un événement, à une catastrophe naturelle ou autres. Et j’aime beaucoup le post-apocalyptique. Quand j’ai vu le livre sur table, en librairie, j’ai pas pu résister. Et le fait est, j’ai beaucoup aimé le roman, avec une préférence pour la première partie.

Le livre est scindé en deux grandes parties, avec deux autres petites parties qui font le lien et sont appelées « les années fugitives ». La première partie raconte la découverte du « nouveau monde » tel qu’il est au lendemain de son réveil. Seul, il découvre des rues désertes, des magasins pillés et une nature qui reprend ses droits. Il va se mettre en route pour tenter de découvrir d’autres humains vivants, et il en croisera quelques uns, rares, et se liera d’amitié avec une chienne. Et c’est vraiment cette première partie que j’ai aimé découvrir et lire. J’ai apprécié de suivre le personnage dans ses mouvements et recherches, dans sa survie des premiers jours. J’aime beaucoup ce moment où, juste après une catastrophe, il faut réfléchir pour survivre, s’organiser, se méfier des gens. Et c’est aussi dans ces moments-là que j’aime bien voir la construction du personnage; personnage qui est attachant.

Du moins dans la première partie, puisque qu’ensuite dans la seconde, on découvre un personnage qui, parce que suffisamment intelligent et visiblement moins limité que les autres d’un point de vue intellectuel, va prendre tout le monde de haut en mode « je suis le plus intelligent, lui est trop limité pour comprendre » et j’en passe. Le traitement du personnage, des personnages, dans cette seconde partie m’a un peu moins plu. en conséquence. Et surtout, le traitement de la gente féminine qui a, visiblement selon l’auteur, dans les gènes de vouloir rester à la maison à s’occuper des tâches alors que les hommes ont dans leurs gènes de vouloir découvrir le monde. J’ai plusieurs fois lever les yeux au cours de cette seconde partie.

Malgré tout, j’ai beaucoup aimé le roman et l’ambiance: d’autant que le thème de la pandémie (comme pour Les enfiévrés, de Ling Ma) est d’actualité.

Une pandémie, d’origine inconnue, décime la majeure partie de la population nord-américaine (et sans doute celle de toute la planète). Ish a survécu, ainsi qu’une poignée d’autres femmes et hommes, au mal mystérieux, alors qu’il se trouvait seul dans les montagnes. Le roman relate sa découverte d’une Amérique où les animaux sont redevenus sauvages et les survivants se terrent ou errent sans but, le regard plein des horreurs qu’ils ont connues. Des parties lyriques constituant des espèces de didascalies, entrecoupent la description des aventures d’Ish : elles évoquent, dans une langue imitant le style biblique mais gorgée d’informations précises, le sort des êtres et des choses qui composent un monde. Que deviendront les voitures ? L’électricité ? Les glorieux ponts que le génie des hommes a bâti au-dessus des gouffres ? Les conduites des égouts ? Les chats, les chiens, les chevaux, les vaches… ? Ish parviendra à fonder une famille, quelques survivants s’agrégeront et formeront une petite communauté, mais cette « Tribu », confrontée à l’après, sera partagée entre la détresse, l’apathie et l’espoir, entre l’exploitation de l’héritage laissé par la civilisation effondrée (ses ressources, règles, croyances etc.) et la nécessité de tout réinventer pour redonner goût et sens à la vie.
Si La Terre demeure (traduction du titre original Earth Abides qui cite l’Ecclésiaste) relève a priori de la fiction post-apocalyptique et dystopique, il excède les limites du genre par la profondeur et l’actualité du regard qu’il porte sur le sort des êtres et des choses qui composent un monde, sur ce qu’est une société humaine en crise : comment elle dure, se disloque, peut renaître ou non…
Aux États-Unis, où il a été publié en 1949, la même année que 1984 d’Orwell, le roman de l’anthropologue George Stewart est considéré comme un classique de la science-fiction (28 rééditions). Bien que traduit en français dès 1951 et réédité en 1980, La Terre demeure est restée en France une œuvre méconnue.

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